Le cycle des Völsungar
Suivre le trésor d’Andvari, l’exploit de Sigurd et les conflits des Gjúkungar.
ExplorerHéroïne nordique
Gudrun, Guðrún en vieux norrois, est une figure centrale des chants héroïques. Épouse de Sigurd et membre des Gjúkungar, elle relie son histoire à celle de Gunnar, Högni et Atli. Sa vie ne s’arrête pas à la mort du vainqueur de Fáfnir.
La Völsunga saga donne une continuité à ses mariages, à ses deuils et à ses vengeances. Les poèmes eddiques mettent en lumière des moments particuliers, parfois selon d’autres versions : il faut les lire comme des témoins distincts.

Fiche express
La saga XXV présente la maison de Gjuki et de Grímhild, avec leurs fils Gunnar, Högni et Guttorm et leur fille Gudrun. Inquiète d’un rêve, Gudrun consulte Brynhild, qui annonce son mariage avec Sigurd puis les malheurs à venir. Ce passage appartient à la construction prophétique de la saga.
Au chapitre XXVI, c’est Grímhild qui fait boire à Sigurd la préparation lui faisant oublier Brynhild. Gudrun épouse ensuite Sigurd. La responsabilité de cette boisson ne doit pas être déplacée de la mère à la fille.
Dans la saga XXVII, Sigurd prend l’apparence de Gunnar pour franchir les flammes et obtenir Brynhild pour lui. Au chapitre XXVIII, les deux femmes se querellent alors qu’elles se baignent. Gudrun révèle que Sigurd a accompli l’épreuve et montre l’anneau qui permet de dévoiler la substitution.
La révélation déclenche une crise de serments, d’honneur et d’alliances. Elle ne fait pas de Gudrun l’organisatrice du meurtre de son mari : au chapitre XXX, Gunnar et Högni font agir Guttorm, et Gudrun découvre Sigurd mortellement frappé auprès d’elle.
Le Guðrúnarkviða I se concentre sur une autre scène : Gudrun demeure auprès du corps de Sigurd sans parvenir à pleurer. Des femmes lui racontent leurs propres malheurs, sans apaiser sa douleur. Aux strophes 11–15, Gullrönd découvre le corps et l’invite à regarder son époux ; les larmes viennent enfin.
Cette mise en scène donne une voix à Gudrun, au lieu de la réduire à la rivalité avec Brynhild. Elle appartient à ce chant précis. Il ne faut pas en tirer une chronologie identique pour tous les poèmes ni remplacer la scène du meurtre de la saga par une scène de lamentation.
Dans la saga XXXIII, Gudrun séjourne auprès de Thora, au Danemark, où les travaux d’aiguille lui apportent quelque réconfort. Sa famille la pousse ensuite à épouser Atli malgré son refus. Au chapitre XXXIV, lorsqu’Atli projette d’attirer ses frères pour s’emparer de leur richesse, elle tente de les avertir par des runes et par un anneau portant un poil de loup ; le messager altère les runes.
Après la mort de Gunnar et de Högni, la vengeance du chapitre XXXIX détruit aussi la famille de Gudrun : elle tue les deux fils qu’elle a eus d’Atli, puis participe à la mort d’Atli avec un fils de Högni. Le palais est incendié. Le récit montre une catastrophe familiale, pas une victoire sans coût pour l’héroïne.
La saga XL ne fait pas mourir Gudrun dans l’incendie. Après avoir voulu mettre fin à ses jours en mer, elle est portée jusqu’au royaume de Jónakr, qui l’épouse. Le texte nomme leurs fils Hamdir, Sörli et Erp et rappelle Svanhild, fille de Gudrun et de Sigurd, élevée avec eux.
Cette dernière famille ouvre un nouveau pan du cycle. La présente fiche s’arrête à cette transition : elle ne rassemble pas les différentes traditions de Svanhild et de ses frères en une généalogie prétendument universelle.
Récits
Ces pages replacent la figure dans les grands cycles de son panthéon.
Repères
Famille de Gjuki, rêves, mariage, boisson de Grímhild, dispute et mort de Sigurd. Le chapitre du meurtre est XXX, non XXXII (mort de Brynhild). Le chant inséré au chapitre XXXI par ces traducteurs n’est pas traité comme un témoignage indépendant de la saga. Traduction anglaise consultée : William Morris et Eiríkr Magnússon, édition de 1888 reproduite par Project Gutenberg ; numérotation de cette édition.
Deuil de Gudrun, intervention de Gullrönd (Gollrond chez Bellows) et reproches aux fils de Gjuki. Traduction anglaise consultée : Henry Adams Bellows, 1923 ; numérotation de cette édition. La prose qui accompagne les strophes est distinguée des notes modernes du traducteur.
Séjour auprès de Thora, mariage avec Atli, avertissement, mort des frères, vengeance et nouvelle famille auprès de Jónakr. Traduction anglaise consultée : William Morris et Eiríkr Magnússon, édition de 1888 reproduite par Project Gutenberg ; numérotation de cette édition.
Images d’interprétation créées pour le site. Les visages, les costumes, le décor et l’apparence du dragon ne constituent ni des portraits attestés ni des documents archéologiques.
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