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Roi du cycle thébain

Créon

Créon est le frère de Jocaste et un souverain de Thèbes. Il intervient avant la royauté d’Œdipe dans la Bibliothèque, puis occupe une place centrale dans les tragédies de Sophocle. Son autorité rencontre ses limites lorsqu’il refuse la sépulture de Polynice.

Il s’agit ici du Créon thébain, fils de Ménécée, et non du roi homonyme de Corinthe lié à Médée. Ses actes sont présentés œuvre par œuvre : les récits ne donnent pas tous le même destin à sa famille.

Portrait artistique de Créon sous un portique grec

Fiche express

Repères essentiels

Famille
Fils de Ménécée, frère de Jocaste : Bibliothèque III, 5, 7–8.
Cité
Thèbes en Béotie ; ne pas confondre avec Créon de Corinthe.
Maison dans Antigone
Époux d’Eurydice et père d’Hémon, fiancé d’Antigone.
Conflit central
L’interdiction de rendre les honneurs funèbres à Polynice chez Sophocle.
01

Le royaume et le Sphinx

La Bibliothèque III, 5, 8 place Créon au pouvoir après la mort de Laïos. Pour délivrer la cité du Sphinx, il promet la royauté et l’épouse de Laïos à celui qui résoudra l’énigme. La victoire d’Œdipe provoque ainsi un changement de souverain.

Dans ce même passage, le Sphinx a déjà tué Hémon, fils de Créon. Cette mort diffère de celle racontée dans Antigone de Sophocle, où Hémon vit jusqu’au conflit funéraire. Les deux épisodes ne peuvent donc pas être enchaînés comme une seule histoire.

02

Face aux soupçons d’Œdipe

Au début d’Œdipe roi, Créon revient de Delphes avec l’ordre de rechercher le meurtrier de Laïos. Lorsque Tirésias met Œdipe en cause, le roi soupçonne Créon de vouloir lui prendre le pouvoir.

Dans sa défense (582–615), Créon explique qu’il préfère les avantages de sa position aux inquiétudes du gouvernement. Cette parole répond à une accusation précise ; elle ne suffit pas à résumer son rôle dans les autres tragédies.

03

L’interdit funéraire dans Antigone

Après la mort réciproque d’Étéocle et de Polynice, Créon distingue le défenseur de Thèbes de celui qui l’a attaquée. Dans Antigone, son décret accorde les honneurs à Étéocle et refuse toute sépulture à Polynice (162–210).

Antigone transgresse cet ordre au nom des devoirs envers les morts et des lois divines non écrites (441–470). Créon la condamne à être enfermée vivante dans un tombeau. Le conflit porte sur les limites de son autorité, au sein même de sa famille.

04

Écouter trop tard

Hémon tente de faire entendre à son père une autre manière de gouverner et l’opinion des habitants (631–780). Créon refuse d’abord de céder. L’avertissement de Tirésias, puis l’insistance du chœur, le conduisent finalement à revenir sur sa décision (998–1114).

Il fait ensevelir Polynice et se rend au tombeau, mais Antigone est déjà morte. Hémon puis Eurydice se donnent la mort. Créon demeure vivant à la fin de la pièce, accablé par les conséquences de ses décisions : cette issue est celle d’Antigone de Sophocle.

Repères

Sources et passages consultés

Texte antique

Sophocle, Œdipe roi

Défense de Créon (582–615), deux oracles (711–725 et 787–793), reconnaissance de Jocaste (1056–1072) et récit de sa mort (1235–1285). Traduction anglaise de F. Storr, Internet Classics Archive ; date de traduction non indiquée sur la page consultée.

Texte antique

Sophocle, Antigone

Décret de Créon (162–210), confrontation avec Antigone (441–470), dialogue avec Hémon (631–780), avertissement de Tirésias (998–1114) et dénouement (1192–1353). Traduction anglaise de R. C. Jebb, Internet Classics Archive ; date non indiquée sur la page consultée.

Illustration contemporaine

À propos de l’illustration

Illustration originale générée par IA. Le visage, les vêtements et le palais sont une évocation artistique, pas un portrait antique ni une reconstitution archéologique.