Récit égyptien
La Duat
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La Duat est souvent traduite par monde souterrain, mais elle est plus qu'un lieu sous la terre. C'est un espace de nuit, de seuils et de transformation.
Les morts, les dieux et la barque solaire y circulent. On y traverse des portes, on y connaît des noms, on y affronte des dangers et l'on espère en ressortir transfiguré.

Un monde de seuils
La Duat n'est pas un décor unique. Les textes et images funéraires la décrivent comme une suite de portes, régions, chemins, eaux, cavernes et demeures divines.
L’introduction de la formule 125 dans le papyrus d’Ani (planche XXX, lignes 18–26) offre un exemple précis : Anubis demande les noms de la porte et de ses battants. Le défunt peut passer parce qu’il les connaît.
La route des morts
Le défunt avance avec son identité, son cœur, ses protections et les rites accomplis pour lui. Les gardiens et les seuils vérifient que le passage est possible.
La pesée du cœur s'inscrit dans cette logique. La Duat ne se réduit pas au jugement, mais le jugement en exprime une règle essentielle : l'accès dépend de l'accord avec Maât.
Le soleil et Osiris
L’Amdouat décrit le voyage nocturne du soleil en douze heures, jusqu’à sa renaissance. Cette composition et les formules du Livre des morts sont des témoins distincts, pas les chapitres successifs d’un unique guide.
Osiris donne à la Duat une dimension royale et funéraire. Il devient le modèle de la vie transformée après la mort, autour duquel s'organise l'espérance de continuité.
À retenir
- La Douat est un monde de passages et de transformations, dont les descriptions varient selon les textes.
- Portes, noms et formules rituelles organisent les épreuves et la protection du défunt.
- Le voyage nocturne de Rê et la présence d'Osiris relient cet au-delà au renouvellement de la vie.
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Sources & pour aller plus loin
Livre des morts, papyrus d’Ani, formule 125, introduction
Traduction anglaise d’E. A. Wallis Budge (1895), planche XXX, p. 344–345, lignes 18–26 : Anubis demande au défunt le nom de la porte et de ses battants avant de le laisser passer.
Livre des morts, formule 151, vignette et paroles protectrices
E. A. Wallis Budge (1895), papyrus d’Ani, planches XXXIII–XXXIV, p. 360–362 : Anubis auprès de la momie, Isis et Nephtys protectrices. L’éditeur signale ses compléments tirés d’autres copies ; ils ne sont pas tous conservés dans Ani.
Amdouat, douzième heure, texte introductif et registre médian
Traduction anglaise d’E. A. Wallis Budge, The Egyptian Heaven and Hell, vol. I, The Book of Am-Tuat (1905), chap. XII, p. 257–265. Naissance du soleil comme Khépri, passage dans le serpent et arrivée à l’horizon oriental ; Nout et Noun figurent dans cette heure.