Crue du Nil et abondance
HÂPY
Hâpy personnifie la crue nourricière du Nil. Son hymne célèbre l’eau dont dépendent les récoltes, la nourriture et les offrandes : une puissance qui fait vivre le pays.
Son nom s’écrit aussi Hapy ou Hapi. Il faut le distinguer de son homonyme funéraire à tête de babouin, protecteur des poumons : les deux figures n’ont ni la même fonction ni la même iconographie.
Carte d'identité
La crue qui nourrit le pays
Dans les sections 2–4 de l’Hymne à la crue du Nil, la venue de Hâpy rend possibles céréales, pâturages et provisions. Son retard provoque la détresse ; son retour suscite la joie.
Le texte est un éloge religieux. Il donne à lire l’importance de l’inondation pour les vivants, plutôt qu’une série de mesures du niveau du fleuve.
Un corps qui exprime l’abondance
Le bronze H 1517 du musée des Beaux-Arts de Lyon montre un dieu en pagne, au ventre arrondi et à la poitrine pendante. Trois bouquets de plantes surmontent sa perruque ; un uraeus apparaît au front. Ces formes corporelles expriment la fécondité.
La notice du musée situe l’objet à la Basse Époque, entre 664 et 343 avant notre ère. Ses bras portaient probablement un plateau chargé de nourriture : cette restitution demeure une hypothèse de la notice, pas un détail encore conservé sur l’objet.
Créé par Rê, créé par Khnoum
La section 1 de l’hymne attribue la création de Hâpy à Rê ; la section 3 la rapporte à Khnoum. Le même poème rassemble ces deux formulations.
Nous conservons ces attributions sans transformer le verbe « créer » en une naissance biologique. Le passage ne donne ni mère ni récit de conception : dresser une famille unique irait au-delà de ce qu’il dit.
Éléphantine et les eaux promises
La stèle de la Famine relie Khnoum d’Éléphantine au retour de l’inondation. C’est un texte ptolémaïque qui situe son histoire sous Djéser, bien plus ancien : le règne raconté ne date pas l’inscription.
La stèle se trouve à Sehel. Ses cavernes d’où sort la crue appartiennent à une géographie religieuse ; elles ne localisent pas les sources réelles du bassin du Nil.
Des récoltes aux offrandes
La section 13 de l’hymne boucle le mouvement : les ressources offertes à Hâpy et aux autres dieux viennent elles-mêmes de la crue.
Hâpy permet ainsi de relier une figure divine à un fleuve, à ses ressources et à des gestes rituels. La fiche du Nil et celle d’Éléphantine prolongent ces trois échelles de lecture.
Figures liées dans les textes
Suivre le Nil
Repères de lecture
Le retour de l’inondation
Un bienfait célébré dans l’hymne, dont le retard menace la subsistance.
Les formulations de création
Rê à la section 1, Khnoum à la section 3 : deux attributions gardées dans leur contexte.
Deux homonymes
Le dieu de la crue est distinct du Hapy funéraire à tête de babouin.
Sources et passages consultés
Hymne à la crue du Nil, sections 1–4 et 13
Version anglaise de Digital Egypt for Universities (UCL, page © 2002), sans traducteur individuel indiqué. Translittération et découpage d’après Wolfgang Helck (1972), témoin principal : papyrus Chester Beatty V. Sections 1 et 3 : création par Rê et Khnoum ; 2–4 et 13 : subsistance et offrandes. Consultée le 4 octobre 2026.
Musée des Beaux-Arts de Lyon — Le Nil divin Hâpy, H 1517
Notice française et cartouche de l’objet : bronze de la Basse Époque, XXVIe–XXXe dynasties, 664–343 avant notre ère ; ventre, poitrine, pagne, bouquets de plantes et uraeus. Le plateau porté est proposé comme restitution probable. Consultée le 4 octobre 2026.
Metropolitan Museum — Hapy, 25.3.157b
Notice anglaise, présentation de la figurine funéraire en cire : homonyme à tête de babouin, protecteur des poumons, vers 1000–945 avant notre ère. Cette source sert à distinguer les deux figures. Consultée le 4 octobre 2026.
Stèle de la Famine, à Sehel — récit de Djéser et Khnoum
Inscription ptolémaïque. Sections « Djoser sends Imhotep to discover the origins of Hapy », « Imhotep’s account of Elephantine, its gods and minerals » et « Djoser’s sacrifice and dream ». Compilation anglaise sur Attalus : début d’après Miriam Lichtheim, Ancient Egyptian Literature III (1980), p. 95 et suivantes ; suite d’après la version allemande de Günther Roeder (1923). Traductions à distinguer. Consultée le 4 octobre 2026.
À propos des illustrations
Deux illustrations originales générées par IA. Ventre, poitrine, pagne et végétaux s’inspirent de l’iconographie documentée ; visage, couleur de peau, poses et paysage sont des choix artistiques contemporains. Elles ne reproduisent pas un objet antique.

